Souffrance au travail
Le travail, comme toute implication humaine, s’écoute.
C’est l’objectif que se donne la Consultation Souffrance au Travail.
Déceler et soulager dans les interstices du travail, ce qui a généré et fait souffrance, grâce à la mise à jour des implications subjectives.
Pour « sortir la tête de l’eau » et retrouver les moyens d’agir.
Comprendre la souffrance au travail
Comment peut-on définir la souffrance au travail ? La souffrance au travail est la manifestation d’une réaction psychique à une situation de travail qui ne convient plus, comme si un conflit psychique se créait en lien au travail.
Ce conflit psychique peut se repérer par des manifestations tant physiques que psychiques (voir FAQ).
Mais comment comprendre la souffrance au travail ?
Le travail est un lieu privilégié de construction de l’identité. Il peut apporter du bien-être, des satisfactions, voire du plaisir. Ne parle-t-on d’épanouissement au travail ?
Mais la préservation de la santé au travail reste un équilibre fragile, précaire. La frontière entre bien-être et souffrance au travail est parfois ténue.
Quelles peuvent être les causes d’une souffrance au travail ? Diverses, variées, elles peuvent prendre de multiples formes :
Ainsi, « le travail empêché » : quand il n’est plus possible de faire du « beau travail » d’apporter sa créativité au travail, d’y mettre sa touche personnelle, ce qui permet la construction de l’identité au travail.
Toujours en lien à l’organisation du travail : une détérioration des conditions de travail, une surcharge de travail, des objectifs inatteignables, des changements organisationnels, une organisation pathogène, un conflit de valeurs, des relations délétères avec les collègues ou un hiérarchique, un management inadéquat, un harcèlement moral ou sexuel de la part d’un hiérarchique ou d’un (ou plusieurs) de ses pairs…, peuvent amener à des situations de souffrance au travail à des degrés divers.
La question du travail nécessite d’être traitée de manière avertie dans ce qu’elle touche l’intimité et l’identité des personnes au plus profond d’elles-mêmes, nécessite d’être avertie quant à la complexité du et des liens Homme-Travail.
Ma double compétence psychologue clinicienne/ psychanalyste, psychologue du travail/ psychodynamicienne du travail ; me semble pouvoir répondre à cette nécessité.
Ce qui est très complexe, parce que très intriqué, c’est que quelles que soient les raisons « objectives » de la souffrance au travail en lien à l’organisation du travail, il n’en demeure pas moins la part subjective en jeu. L’Homme en effet entretient une relation subjective à son travail.
Prenons l’exemple d’un service d’une entreprise, où l’ensemble du personnel est en souffrance au travail. Les raisons « objectives » de cette souffrance sont apparemment les mêmes pour tout le monde. Pourtant, chacun(e), tout en vivant « la même chose », sera impacté différemment au niveau psychologique. En effet, chacun(e), sera touché dans sa subjectivité propre, dans ce qu’elle a de plus personnel, de plus unique, de plus singulier.
À ce titre, la souffrance au travail reste une souffrance individuelle, dans la manière la plus singulière dont chacun sera impacté, bouleversé jusqu’à quelques fois la décompensation psychique.
La Consultation Souffrance au Travail s’attachera donc à mettre à jour ce point de singularité qui vous lie à votre travail, lie toute personne à son travail, pour lui permettre de s’en dégager et « de sortir la tête de l’eau ».
Qu’est-ce que ma consultation souffrance au travail ?
Ma Consultation Souffrance au Travail reçoit toute personne se sentant en difficulté vis-à-vis de son travail, ou de son rapport au travail (souffrance au travail, burn-out, épuisement professionnel, harcèlement moral, …), et ce, quel que soit le degré ressenti de cette difficulté.
Le plus souvent, les personnes accueillies consultent tardivement…
Bases narcissiques bouleversées, sentiment d’impossibilité à reprendre son poste de travail, les sujets apparaissent alors décontenancés, médusés, ou au contraire, agités, désorganisés. « L’incompréhension de ce qui leur arrive », pourrait qualifier le vécu des personnes rencontrées dans ce cadre.
La complexité de ces questions réside dans le fait que, si la cause apparait liée à l’organisation du travail (restructuration, licenciement, management inapproprié, harcèlement moral, défaillance du collectif…), la souffrance -y compris celle qui touche un collectif-, demeure une souffrance individuelle, personnelle.
Il s’agira, durant la consultation, de mettre en mots, de donner sens à la situation de travail, et déceler ce qui, quelques fois dans les interstices du travail, a « mis à mal » le sujet.
La consultation s’attache à une analyse au plus près du réel du travail, pour appréhender ce qui fait souffrance singulière.
Elle cherche à dénouer, ce qui du rapport subjectif au travail fait souffrance, et ce qui de l’organisation du travail, a fait résonance à la subjectivité propre.
À travers la désintrication des enjeux organisationnels du travail et des enjeux psychiques, l’objectif visé est de restaurer les capacités d’agir sur sa vie professionnelle, et de surcroît personnelle.
À qui s’adresse cette consultation ?
Elle s’adresse ainsi à toute personne se sentant en difficulté, en lien à son activité de travail, ou dans son rapport au travail (mal-être, souffrance au travail, burn-out, épuisement professionnel, dépression,..), et ce quel que soient le degré ressenti de cette difficulté, et ses causes. Ainsi, elle s’adresse par exemple également à des encadrants, se sentant en difficulté dans leur fonction, souhaitant interroger leur posture et leur positionnement subjectif en tant que manager.
Les objectifs de la consultation :
- Analyser la situation de travail et évaluer les possibilités de recours internes et externes pour, le cas échéant, changer la situation elle-même.
- Accompagner les prises de décisions pour changer et/ou quitter la situation génératrice de souffrance au travail, (une décision éclairée et pleinement assise étant beaucoup mieux vécue).
- Être au plus près dans ces décisions de la subjectivité de la personne et de ce qui est souhaitable pour elle, et surtout psychiquement possible pour elle.
- Accompagner psychiquement les changements qui auront lieu (poursuite de l’arrêt maladie, reprise du travail, décision de quitter son travail, reprise d’un autre travail…)
Les objectifs primordiaux, principaux sont toutefois les suivants :
- Analyser la dimension individuelle (le vécu subjectif) et la dimension organisationnelle au plus près de la situation de travail qui a fait résonner cette souffrance
- Dénicher ce qui, dans les interstices du travail, a « mis à mal » le sujet. Comprendre et verbaliser ce qui est cause de son mal-être
- Accompagner un travail d’élaboration psychique qui permette au sujet de se dégager de ce qui l’a mis à mal psychiquement pour aller vers un mieux-être, « sortir la tête de l’eau », et reprendre la main sur son destin.
Elle peut ouvrir à un travail plus long, psychothérapique, voire psychanalytique, quelques fois s’y inscrire d’emblée.
A la demande de la personne, parce que ce premier travail aura ouvert la voie à d’autres souhaits pour elle-même ; parce que la découverte de la parole, de sa parole, aura ouvert d’autres possibles.
Le déroulement de la consultation
Lors de la première séance, vous allez exprimer votre souffrance, les difficultés que vous rencontrez, tout simplement ce qui vous amène… Vous considérez que vous êtes en souffrance à cause ou en lien à votre travail. Aussi, cette première séance aura pour but une première clarification des difficultés que vous rencontrez dans votre travail.
La durée de la première séance est plus longue, pour laisser la place au déroulement des situations et événements vécus, dans une forme de premier aperçu global. Elle vise à décrypter les situations de travail qui vous ont mis en difficulté, et a repéré comment vous avez été impacté personnellement, subjectivement.
Cette séance est dite exploratoire. Elle a pour but de clarifier votre demande et vos besoins et d’identifier ce qui fait difficulté pour vous au-delà de ce qui vous fait souffrir, mais aussi ce que vous souhaitez pour vous-même. Le rythme et le coût des séances sera également fixé lors de ce premier entretien.
Par la suite, il s’agira de prendre le temps de dénouer pas à pas, la manière dont ces événements professionnels vous ont impactés, de sorte à pouvoir vous en dégager, vous en décaler pour aller mieux. Vous pourrez être amené à évoquer des événements, souvenirs personnels, qui font écho à votre histoire personnelle, ou pas.
Il pourra s’agir d’accompagner des décisions difficiles à prendre, et le plus souvent angoissantes: actions à l’interne (vis-à-vis de l’employeur, CSE, syndicats,…), poursuite ou reprise d’un arrêt de travail ou reprise du travail (même si le médecin reste souverain dans cette décision), ou recherche de solutions pour quitter son travail.
Loin des diktats sociaux (Par exemple :« Surtout ne quitte pas ton travail ! », ou au contraire « On ne peut pas reprendre le travail au même poste de travail après un burn-out »), l’accompagnement psychologique vous aidera à prendre une décision éclairée, la vôtre, au plus près de votre désir. Celle-ci, pleinement assise, sera de fait mieux vécue, quelles que soient l’ampleur et les conséquences de cette décision.
Puis, le travail de soutien thérapeutique ou psychothérapeutique se poursuivra au fur et à mesure des séances chez le psychologue, à partir de ce que vous amènerez, de vos questionnements de ce qui vous occupe psychiquement, comme dans n’importe quel travail à visée thérapeutique. Le thérapeute questionne, souligne un mot, une expression, un paradoxe, quelques fois il donne une interprétation.
Il restera toutefois attaché à analyser votre rapport subjectif à votre travail, ce qui est de la situation de travail a fait écho pour vous, de manière singulière.
Le travail se poursuivra ainsi, et vous pourrez en repérer progressivement les bénéfices sur vous-même et envisager différemment votre lien au travail, jusqu’à décider que pour le moment, c’est assez.
La visée de la CST demeure de dénouer ce qui vous à mis en difficulté dans votre travail, pour « repartir autrement ». Délesté d’un poids et désormais dans une autre position subjective, vous vous sentirez à même de reprendre votre travail « autrement », ou au contraire, et ce peut être pour les mêmes raisons, d’accepter que ce travail ne vous correspond plus, que vous refusez les conditions proposées et décider, désormais à l’appui d’un savoir éclairé, de le quitter.
Elle vise une prise à charge courte pour « sortir la tête de l’eau », et retrouver les moyens d’agir.
Dans le cadre de la clinique individuelle de la souffrance au travail, il s’agira de mettre en lumière pour le patient, ce qui s’est joué pour lui-même, et de lui-même, pour l’aider à s’inscrire autrement dans les événements qu’il a eu à vivre au travail (harcèlement moral et autres), et redevenir, sujet de son histoire.
Quand venir consulter une psychologue clinicienne/ psychologue du travail ?
Il n’y a pas de règle en la matière, mais il est souhaitable de consulter lorsque ces signaux d’alerte sont présents :
- Le mal-être au travail et les symptômes persistent
- Occuper votre poste de travail vous parait de plus en plus difficile, voire insurmontable
- Votre situation impacte négativement votre vie personnelle
Tout simplement lorsque vous en êtes en souffrance par rapport à votre situation de travail :
Pourquoi en effet ne pas vous préoccuper de vous, prendre soin de vous ? Pourquoi rester seul(e) avec ce mal-être et cette souffrance ? Pourquoi ne pas venir dénouer ce qui se joue dès les premiers signes ? Pour dans le meilleur des cas, se décaler de ce qui fait difficulté, et pouvoir réinvestir sa situation de travail de manière allégée, ou pour le moins, éviter une aggravation, et un enlisement de la situation et/ou surtout des symptômes.
Autres prestations proposées
- Partenariats avec des entreprises et/ou collectivités pour accueillir leurs salariés en souffrance au travail
- Permanences d’accueil de salariés en souffrance sur site ; diagnostic et analyse de la situation respectant la confidentialité
- Enquêtes administratives pour faits de discrimination, violences, harcèlement sexuel, harcèlement moral…
- Accueil de professionnels souhaitant questionner leur rapport au travail et en particulier au management en interrogeant leur positionnement subjectif : cadres, chefs de services, dirigeant d’entreprise, DRH
- Analyse des pratiques professionnelles et supervision
FAQ
Voici quelques réponses aux interrogations fréquentes pour vous guider dans votre démarche
Quels sont les signes de souffrance et de mal être au travail ?
Les signes de souffrance et mal-être au travail sont divers et variés, et peuvent se manifester sur le plan physique et mental.
Augmentation de la tension artérielle, aggravation d’une maladie existante, déclenchement d’un diabète, arrêt cardiaque, fatigue, épuisement physique, troubles du sommeil, augmentation de la consommation d’alcool et de tabac, des manifestations d’atteinte des capacités cognitives : problèmes de concentration, de mémoire…, peuvent représenter certaines de ces manifestations physiques ; comme si le corps parlait là où le sujet ne peut pas dire ce qui se joue pour lui.
Du côté des symptômes psychiques, on peut trouver : le stress en lien à sa charge de travail, l’épuisement professionnel, « la boule au ventre » avant de se rendre au travail, une incapacité à se rendre sur le lieu de son travail, des cauchemars en lien au travail, des réveils nocturnes avec des pensées liées au travail, la sphère psychique envahie par des pensées douloureuses en lien au travail, et qui vient déborder la sphère sociale et familiale, etc… On retrouve bien sûr d’autres symptômes psychiques, non spécifiques d’une souffrance au travail tels que la déprime, l’irritabilité voire l’agressivité vis-à-vis des autres ou de soi-même, les angoisses, la dépression, des idées suicidaires… Quelques fois au contraire, les idées suicidaires sont directement en lien au travail (imaginer se suicider sur le lieu du travail).
Toutefois, il n’est pas possible d’établir la liste exhaustive de tous les signes d’une souffrance et d’un mal-être au travail. En effet, comme toute manifestation psychique, elle reste personnelle et propre à chacun.
Comment faire si on se sent mal au travail ?
Dans une première approche, on pourrait dire simplement : « Ne rester pas seul !». Outre le fait d’en parler à vos proches, avez-vous envisagé de faire appel à des soutiens pour vous épauler, voire vous permettre de sortir de la situation difficile que vous vivez? Face aux situations de travail problématiques, un certain nombre de recours internes ou externes existent.
Il faut rappeler que l’employeur a une responsabilité en termes de préservation de la santé mentale et physique, ce que on appelle communément la qualité de vie au travail, ou pris sous un autre angle, les risques psycho-sociaux en entreprise. Aussi, les premiers recours sont à envisager à l’interne de l’entreprise. Avez-vous fait appel, voire épuisé l’ensemble des recours internes, pour évaluer les possibilités de changements à l’interne qui pourraient améliorer directement vos conditions de travail , votre situation, votre poste de travail, vos relations au travail..? Aussi, un des premiers recours à envisager est d’informer, voire d’alerter votre hiérarchie de la situation dans laquelle vous vous trouvez. Cela lui permet, en tant qu’employeur de prendre la mesure précise de la situation et de ses impacts délétères sur votre santé mentale et/ou physique. Dans un certain nombre de situations, il ne paraît pas envisageable de faire appel à son N+1, on peut alors faire appel à son N+2, au DRH ou à toute autre instance hiérarchique (directeur, PDG, président d’association..).
En situation de souffrance au travail, vous pouvez vous sentir démuni, avoir perdu confiance, avoir peur des retombées de vos actions, mais il faut rappeler qu’un certain nombre de situations parviennent à s’améliorer, voire à se régler à l’interne .
D’autres recours à l’interne sont possibles tels que les représentants du personnel, le CSE (Comité Social et Économique), les syndicats, le médecin du travail…
Le médecin du travail reste une clé de voûte quant à votre santé mentale et physique dans l’entreprise. Il peut vous informer des démarches à entreprendre, vous accompagner, vous soutenir, intervenir directement auprès de votre employeur – ce qui n’aura lieu qu’avec votre accord-.
De la même manière, vous pouvez rencontrer les syndicats pour un avis consultatif et/ou dans le même temps ou un temps ultérieur, solliciter leur intervention.
À l’externe, les principaux relais sont le médecin traitant sur le plan de votre santé et le cas échéant le recours à l’inspection du travail, un avocat, et enfin la Cour des Prud’hommes. Concernant la prise en compte de votre santé physique et mentale, le médecin traitant est d’un recours précieux, en particulier si vous ne vous sentez plus en capacité de continuer à travailler.
A la souffrance au travail s’ajoute très souvent des angoisses en lien aux décisions à prendre, et à la crainte quant à leurs incidences.
Le seul véritable recours d’un point de vue psychologique reste l’accompagnement psychologique.
L’accompagnement par un psychologue clinicien/psychologue du travail vous permettra d’être soutenu dans ce que vous avez à vivre, de prendre les décisions qui seront les meilleures pour vous-même, celles au plus près de votre désir et de ce qui est possible psychiquement pour vous-même. Ce soutien-accompagnement psychologique auprès d’un psychologue vous permettra de trouver un allègement, d’éviter que votre état psychique ne s’aggrave. Et, quelle que soit la situation que vous avez à vivre, il vous accompagnera vers un mieux-être pour vous-même et dans votre vie.
Quels sont les signes d'un harcèlement moral au travail, comment reconnaître le harcèlement moral au travail ?
Dans un premier temps nous nous appuierons sur la définition de Michèle Drida, Elisabeth Engel et Marc Litzenberger (1999). Cette définition à laquelle j’ai participé est celle que je souhaite continuer à soutenir, parce qu’elle nous permet d’emblée de clarifier un aspect important de la question du harcèlement moral au travail. Ce dernier en effet ne se résume à des comportements déplacés, des critiques répétées, des propos discriminatoires, ou/et humiliants. Le harcèlement moral peut en effet toucher à l’ensemble des sphères du travail. Il ne peut pas non plus se réduire à une relation duelle harceleur-harcelé, mise le plus souvent au compte d’un pervers narcissique. Cette dernière perspective occulte la dimension sociale du travail, le rôle des collectifs de travail et de l’organisation du travail dans cette affaire.
« Nous définissons le harcèlement comme une souffrance infligée sur le lieu de travail de façon durable, répétitive et/ou systématique par une ou des personnes à une autre personne, par tout moyen relatifs aux relations, à l’organisation, aux contenus ou aux conditions du travail, en les détournant de leur finalité, manifestant ainsi une intention consciente ou inconsciente de nuire voire de détruire». Michèle Drida, Elisabeth Engel et Marc Litzenberger (1999)
Considérée comme la plus complète, cette définition est souvent citée par un certain nombre d’auteurs du champ de la psychologie du travail (Marie Pezé, Marie-Pierre Guiho-Bailly).
Le CESE (Conseil Economique Social et Environnemental) lui-même, dans son avis du 11 avril 2001 (Rapport sur le harcèlement moral), a cité notre définition avec le commentaire suivant :
« L’intérêt de cette définition est de rapporter le harcèlement, dans son déroulement même, à la situation de travail. Elle met l’accent sur ce qui dans le travail peut être utilisé pour atteindre psychologiquement les personnes. »
Pour compléter cette définition, nous nous appuierons sur un article de Marie-Pierre Guiho- Bailly psychiatre psychanalyste, qui reprend les techniques de harcèlement décrites par Heinz Leymann, ce qui précise de manière éclairante comment le harcèlement moral peut s’exercer dans les divers champs du travail.
« Les grands classiques des techniques de harcèlement ont été décrits par Heinz Leymann depuis longtemps :
1 – L’atteinte aux conditions de travail :
- concernant la tâche : objectifs irréalisables, consignes paradoxales, tâches déqualifiées, absence de consignes ou de tâches prescrites…
- concernant les moyens de travail : privation des outils nécessaires à la réalisation de la tâche
- concernant les critères d’évaluation du travail : critiques systématiques ou paradoxales, indifférence aux résultats, critères changeants
- concernant l’évolution de carrière : refus systématique non motivé de promotion, mutation, droits, aménagements des conditions de travail.
2 – L’isolement systématique :
- géographique, institutionnel, relationnel, voire quasiment sensoriel dans « la mise au placard »
- la « transparence » au regard,
- le refus systématique d’explications, d’entretiens…
3 – Les atteintes à la dignité
- commentaires vexatoires,
- moqueries, gestes humiliants,
- rumeurs disqualifiantes,
- indiscrétions sur la vie privée,
- attaques systématiques des caractéristiques personnelles.
4 – Les menaces ou violences verbales ou physiques ».
Ces quelques éléments permettront, je l’espère, de servir de repères pour identifier le harcèlement moral. Mais, il faut être très attentif à l’interprétation qu’on en fait : avoir une surcharge de travail, voire avec des objectifs irréalisables ne signifie pas forcément qu’on est harcelé, de loin pas.
Nous tenons également à préciser que ces définitions ne sont pas des définitions juridiques. Nous aborderons la définition juridique du harcèlement moral au travail et surtout de sa reconnaissance juridique dans un prochain article.
Est-ce qu’un psychologue peut prescrire un arrêt de travail ?
Le psychologue n’étant pas médecin, ne peut pas prescrire un arrêt de travail. Pour ce faire, le mieux est de vous adresser à votre médecin traitant.